Pas de jardin, pas de balcon, pas même un rebord assez large pour poser une jardinière. C'est la situation de la plupart des appartements en ville, et elle n'empêche pas de faire pousser quelque chose de comestible. Elle change simplement la liste de ce qui vaut la peine d'être tenté.
Le vrai obstacle n'est pas la place, c'est la lumière
On croit toujours manquer d'espace. En réalité, un plant de basilic occupe la surface d'un mug. Ce qui manque en appartement, c'est la lumière.
L'œil est un très mauvais juge : il s'adapte à la pénombre, la plante non. Une pièce qui vous paraît claire peut être trop sombre pour une laitue.
Deux repères avant de choisir quoi que ce soit :
- L'orientation. Une fenêtre au sud ou à l'ouest permet presque tout. Au nord, on se limite aux plantes à feuilles, et la croissance sera lente.
- La distance à la vitre. La lumière décroît très vite dès qu'on s'éloigne de la fenêtre. À deux mètres à l'intérieur d'une pièce, il n'en reste plus grand-chose, même si l'endroit paraît lumineux.
Tout ce qui suit dépend de ces deux paramètres, bien plus que de la surface de votre logement.
Ce qui pousse sans difficulté
Les aromatiques d'abord. On les récolte pour leurs feuilles : elles n'ont donc jamais besoin de fleurir ni de fructifier, les deux étapes qui réclament le plus de lumière.
Ciboulette, persil plat, menthe, basilic, cerfeuil, coriandre, oseille : toutes acceptent une fenêtre ordinaire. La menthe est la plus facile de toutes — en pleine terre, on la considère même envahissante.
Viennent ensuite les salades à couper et les jeunes pousses : laitue à couper, roquette, mizuna, épinard, pak choï, mâche. Elles poussent vite, se récoltent feuille à feuille pendant des semaines, et supportent une lumière moyenne.
C'est sur ces deux familles que l'écart avec le commerce se voit le plus. Une botte de coriandre achetée a été coupée depuis plusieurs jours ; la même, prélevée au moment de cuisiner, n'a pas le même parfum.
Ce qui demande une vraie bonne exposition
Tomate cerise, poivron, piment, concombre, fraise : ce sont les cultures qui font envie, et elles sont possibles en appartement — à condition d'avoir une fenêtre très lumineuse, ou un éclairage d'appoint.
Deux contraintes s'ajoutent. Ces plantes doivent fleurir avant de produire, ce qui réclame beaucoup de lumière. Et en intérieur, aucune abeille ne passe : il faut polliniser à la main, au pinceau ou en secouant doucement la tige au moment de la floraison.
Ce n'est pas compliqué. Ce n'est simplement pas par là qu'il faut commencer.
Ce qui ne marche pas, autant le dire
Tout ce qui pousse sous terre : carotte, pomme de terre, betterave, navet. Il leur faut un volume de substrat qu'un appartement ne peut pas offrir sans devenir un chantier.
Tout ce qui s'étale, aussi : courgette, potiron, melon. Une seule plante occupe plusieurs mètres carrés au sol pour quelques fruits.
Le radis est le cas amusant : il pousse, mais reste petit. À faire pour le plaisir de voir sortir quelque chose en quelques jours, pas pour remplir une assiette.
Trois façons de s'y prendre sans extérieur
Les pots sur le rebord de fenêtre. Le plus simple, et le moins engageant. Les limites arrivent vite : la terre sèche en une journée près d'un radiateur, il faut des soucoupes, et les terreaux d'intérieur attirent souvent des moucherons. Un rebord porte trois ou quatre pots, pas davantage.
La jardinière ou la mini-serre d'intérieur. Plus de volume, un arrosage plus régulier, mais il faut une vraie surface horizontale à y consacrer : table, console, meuble bas. En petit appartement, c'est précisément ce qui manque.
La tour de culture verticale. Le principe est de monter plutôt que de s'étaler. Les plants sont répartis sur des étages superposés autour d'une colonne, et l'eau circule en circuit fermé depuis un réservoir placé à la base. L'emprise au sol est celle d'un tabouret, pour une vingtaine de plants et davantage selon la hauteur.
C'est la réponse la plus directe à la contrainte « ni jardin ni balcon » : elle consomme de la hauteur, la seule ressource dont un appartement dispose encore.
Le calcul de la place, à faire avant d'acheter
Repérez la fenêtre la plus lumineuse du logement, puis regardez ce dont vous disposez devant elle : un rebord, un bout de sol, un angle libre.
Un carré d'une cinquantaine de centimètres de côté au sol suffit pour une colonne verticale. Un rebord de quinze centimètres de profondeur ne portera que des pots. Et si la seule fenêtre bien exposée est celle de la chambre, mieux vaut le savoir avant qu'après.
Par où commencer, en septembre
C'est une bonne période pour démarrer en intérieur. Les fortes chaleurs sont passées, la lumière reste correcte encore quelques semaines, et les cultures de saison fraîche sont justement celles qui réussissent le mieux à l'intérieur.
Quatre cultures pour un premier essai : ciboulette, persil plat, laitue à couper et mâche. Rapides, tolérantes, récoltables feuille à feuille. Ajoutez du basilic si votre fenêtre est bien exposée — il demande plus de lumière que les trois autres.
Les graines se trouvent en jardinerie et en magasin spécialisé.
Pour aller plus loin : ce qu'est une tour potager d'intérieur, et comment mener un basilic pour qu'il soit touffu.
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